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10. Voilure
basse.
Voilure basse et brise-temps
D'un bout à l'autre de la nuit
Je vais, je vogue et je survis
Selon les plaisances du vent.
Après le deuil et la colère
Je sais l'espace du repos,
Le refuge et la fondrière
Et l'âme morte des échos.
Et dans l'absence des clameurs
J'ai retrouvé le souvenir
D'une saison sans déshonneur
Praticable comme à loisir
Dans les résonnances du coeur.
Je vois les rives me quitter
Et m'appareille à saluer
La cantilène des bas-fonds,
La vague lourde et le sillon.
Déraciné d'entre les terres
Je connaîtrai pareillement
L'anse oû le vent se désaltère
Et les impostures du temps.
Infiniment dans les agrès
Viendront se perdre les oiseaux,
Avec ces rêves qui seraient
Autant d'accrocs à mes bosquets
Que de plissures à mon drapeau.
N'étaient point l'ombre ou le soleil
Et la présence des vaniers,
Je pourrais croire à mon lever
Que les ancrages sont pareils ;
Mais à l'approche des rivières
Je reconnais signes humains ;
Viennent ces îles familières,
Que j'y balance mes grappins.
Je n'aurai pas l'éternité
Ni la sagesse du matin,
Mais au restant j'aurai mené
Mon bâtiment jusqu'à la fin,
Mon bâtiment jusqu'à la fin.
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11. Je n'ai
pas de village.
Je n'ai pas de
village
Accroché
à mon nom,
Pas de recoin secret
A l'abri des orages
;
Ma vie et mon bateau
Battent pavillon
large
Où loge le
regard
Des oiseaux de
passage ;
Il n'est pas de
saison
Qui ne soit de mon
âge.
Quand le temps se
chagrine
Aux
équinoxes noirs,
Je retrouve le
goût
Des fièvres
anonymes ;
Tristesse des
enfants
Qui rêvent en
sourdine
Et remplissent le
soir
De gestes maritimes
;
Je n'ai pas de
chanson
Qui ne soit de
votre âge.
Les gens de bon
partage
Qui m'ouvrent leur
maison
Seront
à leur façon
Compagnons de
voyage ;
Aux rivages perdus
Si loin dans mon
histoire
Leur
visage entrevu
Repeuple
ma
mémoire ;
Il
n'est pas de
région
Plus
douce qu'un
sourire.
Je
n'ai pas de
refuge
En
forme de
clocher,
Pas
d'arche de
Noé
Flottant
sous le
déluge ;
Mais
dès
que le printemps
Déroule
ses
fougères
Je
deviens
cerf-volant
Chancelant
de
lumière ;
Je
n'ai pas
d'autre lieu
Que
le temps de
mon âge.
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Tous les textes : ©1969 - 1974 SUISA - SACD - Pierre Ellenberger
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| (Reproduction
de la pochette, page 4) |
Informations (33 t. et CD) auprès de
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| © Tous droits réservés
- VDE-Gallo - *Art & Co* - 22 août 2005 |
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Informations discographiques.
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Le
disque 30 cm
"Pierre Chastellain chante
Ellenberger
& Thuillard"
(Octobre1979)
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La
couverture originale
(Aquarelle
d'Alfred Thuillard)
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L'éditeur et
co-producteur
de l'album
VDE 30-269
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Graphisme : Rodolphe Spring
Illustration : Alfred Thuillard
Photos : © Christian Rossier
Prise de son et mixage :
Philippe
Mercier - Studio Prisme
Lausanne - 1979
Gravure : Christian Orsini,
Translab - Paris
Co-production et édition :
Disques VDE-Gallo - Lausanne
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Pierre
Ellenberger
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Alfred
Thuillard
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| Pierre
Chastellain |
Jacques
Walmond
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Les musiciens du disque.
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Piano
(Bôsendorfer),
piano électrique (Würlitzer),
clavecin, vibraphone
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Jacques Walmond
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Violon
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Irene Carnero (2, 4,
5)
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Pierre Henchoz (1, 2,
5)
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Sylvie Rochat (1)
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Alto
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Caio Carnero (4)
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Bernard Suter (1)
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Violoncelle
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Jean-Paul Jeanneret
(4)
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Pascal Desarzens (1)
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Contrebasse
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Hartmut Bennewitz
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Jean-Yves
Pétiot (3)
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Basse
électrique
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Jean-Yves
Pétiot |
Guitare
espagnole
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Bernard Vollery (1)
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Eric Marmet (5)
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Guitare
électrique
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John Woolof (1, 7)
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J.-F.
Mathieu (11)
<www.jfmathieu.com>
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Accordéon
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Freddy Balta
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Flûte
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Jean-Marc Grob
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Clarinette
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Annette Balissat
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Hautbois,
cor anglais
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Daniel Margot
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Basson
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Assaf
Bar-Lev
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Batterie
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Gaston
Balmer
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Xylophone,
timbales,
cloches tubulaires
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Pierre Beboux
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Trompette
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Mario Alberti
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| Trombone |
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Jean-François
Bovard
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Saxophone
alto
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Luc Hoffmann
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Saxophone
ténor
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Toni Dadario
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Saxophone
baryton
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Robi Seidel
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